vendredi 13 novembre 2009

BenX

D'un coté le harcèlement, la violence, l'humiliation, les coups, le vol. De l'autre les aventures palpitantes, la belle Scarlite, la force et la puissance, le plaisir de jouer.

A coté, ou entre de ces deux mondes, il en existe un troisième, celui des rituels plus ou moins étranges qui entourent la vie de Ben. Chaque monde est comme un aspect de sa personne et il tente de faire communiquer les uns avec les autres. Maltraité par les autres élèves, il se réfugie dans un monde imaginaire, cherchant dans des scènes du MMO Archlord des manières de se conduire ou de réagir.  Bien évidement, cette façon de faire échoue. Elle échoue non pas parce que Ben/BenX ne prend pas suffisamment en compte la réalité : il n'est pas halluciné ou délirant. Elle échoue parce qu'il utilise des séquences d'Archlord comme des patchs.

BenX est un film de Nic Balthazar et est issu d'une longue maturation. Nic Balthazar entend une mère parler de son fils autiste qui se suicide après avoir été harcelé par d'autres enfants. Il s'en inspire pour en faire un roman : "Il ne disait rien du tout", puis une pièce de théatre, "Rien"  a partir de laquelle sera produite une présentation multimédia. Enfin, un court de sept minutes est réalisé. Ce long processus d'écriture est sans doute une des sources de la qualité du film.

On peut sans doute reprocher à BenX de se perdre un peu lorsqu'il aborde la question des MMOs. On retrouve en effet le poncif selon lequelque les MMO qui seraient un monde d'adolescents  alors que l'on sait que la moyenne d'age dans ce type de jeux tourne autour de la trentaine. Ce n'est pas trop grave si l'on considère que le coeur du film tourne autour du harcèlement et de l'autisme.

Les conséquences déja gravissismes du harcelement sont encore augmentées par les "nouvelles" technologies de l'information et de la  communication. En effet, via Internet ou le téléphone cellulaire, ou les deux, il devient possible d'atteindre la victime ou qu'elle se trouve. L'impossibilité de se mettre à l'abris aggrave le sentiment d'insécurité. Coté harceleur, les inhibitions cédent puisqu'il n'est pas au contact de la victime et qu'ils peut agir anonymement. L'autisme est sans doute ici à comprendre comme une métaphore de la différence, car il est des conduites de Ben qui sont impensables pour une personne autiste. Mais, s'agissant d'un film de fiction, cela devient plus une qualité qu'un défaut.