lundi 1 février 2010

Les 5 pouvoirs de l’image

 

 

Deviens celui que tu voudras” annonce http://fr.seenow.com. En deux trois clics, il est possible de devenir un autre : le chanteur Eminen, Hulk, le Prince Caspian ou Jack Sparrow

Être quelqu’un d'autre tout en restant soi ! Qui n’en a jamais rêvé ? Qui ne s’est pas imaginé dans la peau d’un autre, de préférence héroïque, bravant mille dangers et venant à bout de mille épreuves ! Comment ne pas comprendre que l’on puisse souhaiter être un chanteur célèbre, un géant à la force incroyable, un prince brillant, ou un pirate aux mille ruses ?

L’image réalise là un de ses pouvoirs : celui d’accomplir nos désirs. C’est sur ce pouvoir que le rêve dans son travail de figuration.

Mais l’image a également d’autres pouvoirs. Ils ont été décrits par Serge Tisseron dans Psychanalyse de l’image

“ 1. Toute image a une puissance de sensorialité. Semblable en cela aux souvenir de « la petite madeleine » de Proust, chaque image est accompagnée d’un halo sensoriel qui s’y trouve plus ou moins réactivé, mais qui y est toujours présent. En ce sens, on peut dire que toute image, qui est d’abord liée à un état corporel, tend plus ou moins a le générer ou tout au moins à en retrouver le chemin.

2. Toute image a une puissance de mémoire. Cette puissance de mémoire concerne les différents domaines de la sensorialité, depuis la sensorialité viscérale jusqu’aux sens les plus impliqués dans la vie de relation, comme l’ouïe ou la vue. Il dépend, comme nous le verrons, de la mise en place des fonctions psychiques essentielles (en particulier de l’ordre de la « contenance ») que ces effets de mémoire soient perçus comme liés au passé ou bien confondus avec des perceptions actuelles.

3. Toute image a une puissance d’accomplissement de désir. C’est l’aspect sur lequel Freud a le plus insisté, pour qui l’image était d’abord un scénario psychique à travers lequel les représentations de désir passaient un compromis avec les interdits et la censure liés au surmoi. Toutefois comme nous le verrons, cet accomplissement de désir concerne parfois non pas la réalisation fantasmatique d’un plaisir – éventuellement inconnu du sujet lui-même -, mais l’évitement d’un déplaisir.

4. Toute image a une puissance d’action. Celle-ci consiste dans un acte ou dans la tendance à réaliser un acte. Cette potentialité donne à une forme à toute forme de conscience des potentialités gestuelles. Ces potentialités d’action font intervenir la mémoire dans ses diverses modalités, clivées ou réunies.

5. Toute image a une puissance de sens. Toute image mobilise en effet chez l’homme des représentations de mots qui tendent à s’organiser en un ensemble signifiant.” Serge Tisseron, Psychanalyse de l’image