vendredi 25 mars 2016

L’utilisation intensive des réseaux sociaux est liée à la dépression

Une nouvelle recherche publiée dans le journal Depression and Anxiety  montre le lien entre la dépression et l’utilisation des réseaux sociaux.

La recherche menée par LY et al.  est différente des précédentes par la taille de l’échantillon et par le fait qu’elle a pris en compte différentes plateformes sociales. 1.787 personnes âgées entre 19 et 32 ans ont répondu à des questionnaires pour évaluer leurs utilisations des principaux média sociaux  Facebook, YouTube, Twitter, Google Plus, Instagram, Snapchat, Reddit, Tumblr, Pinterest, Vine et Linkedin.

Sur le plan des usages, les données vont dans le sens de publications précédentes. Les participants utilisent les média sociaux 61 minutes par jours et visitent leurs comptes sociaux une trentaine de fois par semaine. Un quart des personnes questionnées ont des indicateurs de dépression

L’étude montre que la dépression et les média sociaux existe que l’on prenne en compte le temps passé ou la fréquence des visites. Par exemple, la probabilité d’une dépression est 2,7 fois plus élevée chez ceux qui vérifient le plus souvent leurs comptes sociaux que ceux qui les vérifient le moins souvent. Le risque est 1.7 fois plus élevé chez ceux qui passent le plus de temps  comparé à ceux qui passent le moins de temps sur les réseaux sociaux

La méthodologie utilisée ne permet pas de déterminer le sens de la causalité. Il est possible que les personnes les plus déprimées aient davantage tendance à passer du temps sur les média sociaux que les autres.

Il s’agit d’une sorte de retour aux sources. Dans l’article ou elle appelle la communauté des psychologues à porter son attention sur ce qu’elle a appelé “l’addiction à l’Internet”, Kimberley YOUNG notait déjà que les utilisateurs les plus importants en termes de temps présentaient des traits dépressifs. Le traitement de la dépression faisait disparaître la fréquentation excessive de  l’Internet.




Ce résultat est important car il peut aider à une meilleure détection des personnes déprimées. Lorsque dans les entretiens préliminaires, une personne fait état d’un temps important passé sur les réseaux sociaux, le psychologue doit faire une évaluation plus précise. Les réseaux sociaux font partie de notre quotidien. Il est important que le psychologue fasse la différence entre un usage dont la fonction première est l’information ou la détente et celui qui sert à masquer une dépression. Une évaluation de l’utilisation des média sociaux doit faire partie de la routine de la consultation psychologique.





SOURCES

Lin, LY et al. "Association between social media use and depression amoung young adults." Depression and anxiety (2016).

Young, Kimberly S. "Internet addiction: The emergence of a new clinical disorder." CyberPsychology & Behavior 1.3 (1998): 237-244.